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jeudi 18 janvier 2018

Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates (Mary Ann Shaffer & Annie Barrows)


Titre original:The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society
Traduction: Aline Azoulay
Nationalité des auteurs: Américaine
Editions 10-18 (6 Janvier 2011)
Collection Domaine Etranger
numéro 4405
411 pages
ISBN-10: 2264053518
ISBN-13: 978-2264053510
Genre: Contemporain
Lu le: 13 Janvier 2018
Ma note: 20/20



Résumé/4ème de couverture:

Tandis que Londres se relève douloureusement des drames de la Seconde Guerre Mondiale, Juliet Ashton, jeune écrivain, compte ses admirateurs par milliers. Parmi eux, un certain Dawsey, habitant de l’île de Guernesey, qui évoque au hasard au hasard de son courrier l’existence d’un club de lecture au nom étrange: « Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates »… Passionnée par le destin de cette île coupée du monde, Juliet entame une correspondance intime avec les membres de cette communauté. Et découvre les moyens fantaisistes grâce auxquels ces amis bibliophiles ont résisté à l’invasion et à la tragédie. Jusqu’au jour où, à son tour, elle se rend à Guernesey. Pour Juliet, la page d’un nouveau roman vient de s’ouvrir, peut-être aussi celle d’une nouvelle vie…

Mon avis…:

…Général:

            Parce que une fois fini « Code 93 » d’Olivier Norek, je n’étais pas inspiré pour choisir ma prochaine lecture, j’ai choisi de pioché dans ma PAL « Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » un peu au hasard, sans grande conviction. Et au final, j’ai très vite regretté… de ne pas l’avoir lu avant!!!! Enorme (et premier de l’année 2018) coup de coeur!!! L’histoire, ce qui s’en dégage, les personnages, la construction tout est juste parfait et comme tout coup de coeur, il n’y a aucun petit point négatif à mes yeux!

… Sur les personnages:

            Qu’ils soient en Angleterre ou sur l’île de Guernesey, les personnages sont assez nombreux: Juliet va recevoir des lettres d’habitant de Guernesey en plus des personnes faisant parties du cercle littéraire. Néanmoins, ce sont ces dernières que l’on va retrouver le plus souvent et elles sont toutes très attachantes. Celle qui vers on aura peut-être encore plus de sympathie est Elizabeth, qui va vite devenir un personnage très important à l’image du fait qu’elle est véritablement une figure emblématique de l’île et du cercle littéraire, même si on ne la rencontre jamais au final et même si c’est elle qui nous apportera notre plus grande émotion de tristesse...

Points de vue/Critiques:

J’aime beaucoup les romans épistolaires, encore plus lorsqu’ils sont écrits à quatre mains, comme « Et je danse aussi » qui avait une très jolie surprise pleine de fraîcheur. Etant donné que le roman est uniquement composé de lettres échangées, cela pourrait apporter une petite crainte de la part du lecteur en se disant que l’on va louper certaines informations dans la compréhension, que celles-ci doivent logiquement se déduire. Mais on ne retrouve pas du tout cela dans ce roman. D’autant plus que l’on retrouve beaucoup de personnages, donc certains que l’on ne va croiser qu’une ou deux fois et que l’on ne reverra pas par la suite. Ainsi, dans les lettres, l’émetteur nous donne le plus de renseignements possible sur qui il est, qui l’a contacté, pourquoi il écrit et réponds aux questions qu’on lui a posé en les retranscrivant dans son récit. Le lecteur ne se pose donc jamais de questions niveau compréhension, faisant en sorte qu’il peut totalement prendre part et se plonger dans l’histoire. 



Une des particularité de ce livre qui parle de la Seconde Guerre Mondiale est le fait que l’histoire ne se passe pas durant la guerre, mais juste après en 1946! La Guerre vient juste de se terminer et toute l’Europe est totalement traumatisée et encore dans le brouillard. Ainsi, avoir les sentiments et la vision des gens qui essaient de se révéler tant bien que mal après avoir constaté tous les dégâts matériels et humains de la guerre, est véritablement très intéressants. De plus cet aspect peut-être divisé en deux, puisque d’un côté nous avons la vision Européenne avec Juliet et de l’autre, celle des habitants de l’île de Guernesey qui ont vécu différemment la guerre du fait de leur isolement et de leur position géographique stratégique.
Ainsi, la vision et les anecdotes de ces habitants apportent un côté pédagogique. En effet, étant insulaires et placé entre la France et l’Angleterre, les habitants de Guernesey n’ont pas vécu la guerre de la même manière que le reste de l’Europe. A travers les lettres envoyées à Juliet, chacun apporte son expérience. On apprend ainsi qu’ils n’ont pas subi de bombardements ou de destruction, comment ils ont gérer la situation en sachant qu’ils ne recevaient que peu d’informations du continent ou encore comment ils ont protéger les enfants en les envoyant en Angleterre. Mais on apprend également différents détails à savoir la gestion de la nourriture qui manquait peut-être plus qu’ailleurs du fait de l’arrêt des liaisons, ce qu’il est advenu des animaux de compagnie et l’absence d’hygiène. Et surtout, les habitants nous apprenne beaucoup des Allemands débarqués sur l’île: par leur biais, les auteurs ont fait en sorte de nous les présenter véritablement comme victimes eux aussi (du manque d’hygiène, de contact humains et de nourriture). C’est, je pense, la première fois que je ressens cette sympathie et cette empathie pour les Allemands.

L’autre thème majeur de ce livre est bien sûr, la littérature et les livres!  À l'aide du rapport Juliet/Sidney, on se rend ainsi compte du rapport auteur/éditeur, bien que Juliet et Sidney soient aussi amis. Et on parle aussi bien sûr énormément de livres dans le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates, avec notamment des anecdotes sur la vie d’auteurs (que je ne connaissais pas la plupart du temps).

Et même si la fin de l’histoire n’apporte pas de surprises, elle est juste logiquement parfaite et apporte cette petite touche de bonheur, dans ce monde de brutes d’après-guerre.

En bref:

            « Le cercle des amateurs d’épluchures de patates » est un véritable coup de coeur que je recommande à tous! Le roman est basé uniquement sur un échange de lettres et cette absence de narrateurs apporte une véritable proximité avec tous les nombreux personnages, tous plus attachants les uns que les autres. Les habitants de l’île de Guernesey nous offre anecdotes, récits de vie et points de vue de l’après-guerre: une très belle et véritable immersion pédagogique. 



mercredi 17 janvier 2018

Code 93 (Olivier Norek)




Nationalité de l’auteur: Française
Editions Pocket (9 Octobre 2014)
Collection Thriller
numéro 15935
358 pages
ISBN-10: 2266249150
ISBN-13: 978-2266249157
Genre: Thriller
Lu le: 10 Janvier 2018
Ma note: 16/20



Résumé/4ème de couverture:

Un cadavre, émasculé, qui rouvre les yeux sur la table d'autopsie. Un portable qui se met à sonner dans le corps d'un jeune toxico, mort de brûlures inexplicables. Malgré quinze ans de terrain en Seine-Saint-Denis, Victor Coste, capitaine de police, se prépare au pire. 
Et que penser de ces lettres anonymes qui dessinent une première piste : celle d'un mystérieux dossier, le " Code 93 " ? 
Une piste qui, des cercles huppés parisiens aux quartiers déshérités, fera franchir à Coste les limites du périphérique, et de la raison... 

Mon avis:

            Voilà, ça y est j’ai ENFIN découvert Olivier Norek! En sachant qu’il est (était?) du métier, on sait pertinemment avant de commencer à lire, que l’on va véritablement mettre les pieds dans le plat dans quelque chose qui ne sera pas totalement de la fiction. L’enquête policière prend donc un tout autre sens. Et même si l’intrigue et le dénouement ne m’a apporté aucune surprise, cela reste une très bonne lecture puisque l’on vit au plus prés, au coeur de la police judiciaire du 93.

Points de vue/Critiques:

            Sans surprise, l’ambiance et le réalisme policier de ce livre sont véritablement la grande force et ce que l’on retient le plus. Chaque personnage de la brigade est parfaitement décrit et à sa place: on connaît leur grade, leur spécificité, leur personnalité et leur physique. Ainsi, tous les personnages ont quelque chose d’attachant puisque nous avons l’impression de vraiment les connaître. De plus, Olivier Norek n’est pas avare de détails concernant toutes les institutions policières. Les adresses, les noms, les abréviations, les fonctions, tout y est dit. Au delà donc d’être littéralement plongé au coeur de ce milieu, l’auteur fait aussi en sorte de nous en apprendre davantage sur son fonctionnement. Ainsi, en le dénonçant clairement ou plus subtilement, Olivier Norek nous montre tout les aboutissants de la police, avec sa hiérarchie, ses absurdités, ses difficultés matérielles et financières, sa psychologie, ses codes sociaux et évidement la pression des hautes autorités au profit du « bien-faire » (qui est la finalité de l’intrigue du livre). 

Le cadre et l’ambiance font que cette lecture est assez prenante, et même si l’enquête est plaisante à suivre, ce n’est pas cette dernière qui est véritablement addictive. Tout y est minutieusement décrit, tout avance avec logique et le dénouement nous apporte toutes les réponses aux questions soulevées au fur et à mesure. Ainsi, on pourrait juste faire ce petit reproche que le final manque de flamboyance et de surprises, mais après tout, quand on baigne dans une atmosphère réaliste, est-ce qu’on ne doit pas garder cette ligne de conduite jusqu’au bout et s’en tenir aux faits…?

En bref:

Une très bonne intrigue policière qui, même si elle ne trouve pas un final époustouflant, reste une très bonne immersion dans la Police Judiciaire. Olivier Norek ne laisse aucun brouillard d’incompréhension et nous décrit tout avec justesse et réalisme, bref on sent le vécu dans les moindres lignes!

Autour du livre:

  • Tome 2: Territoires
  • Tome 3: Surtensions

mardi 16 janvier 2018

Le pacte d'Emma (Nine Gorman)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Albin Michel (2 Novembre 2017)
395 (en imprimé), 290 pages (en ePuB)
ISBN-10: 2226397795
ISBN-13: 978-2226397799
Genre: Bit-Lit
Lu le: 10 Janvier 2018
Ma note: 17/20





L’histoire:

Emma, 21 ans est atteinte du syndrome de Beckyngton, une maladie neurodégénérative. Elle est pourtant bien décidée à profiter des dernières années de sa vie, alors elle se rend à New York où elle trouve un poste auprès du directeur d'un groupe prestigieux : Anderson Corp. Cette rencontre bouleverse sa vie, mais Emma ne sait pas si elle peut faire totalement confiance à cet homme.

Mon avis:

            Pour être honnête, j’ai lu ce livre pour deux raisons: la première parce qu’il était question d’une fille atteinte d’une maladie neurodégénérative qui la condamne et la deuxième parce que j’avais envie de découvrir la plume de Nine Gorman en partant presque du principe que ça n’allait pas être florissant, prête à la dézinguer (car oui je ne suis pas fan de cette booktubeuse)…
Et même en partant avec plein d’idées négatives en tête, « Le pacte d’Emma » m’a rapidement convaincue. Rapidement happée, cette lecture m’a rendue addictive et m’a apporté une belle surprise.

Points de vue/Critiques:

Ce livre a commencé à me surprendre par la tournure bit-lit qu’il prend. Je ne mettais pas vraiment plus pencher sur le sujet, hormis une fille malade du cerveau, donc le fait de retrouver des vampires m’a assez surprise. Malheureusement, à partir de là, on se dit, qu’un triangle amoureux composé d’une jeune fille humaine entre deux beaux garçons vampires, on a déjà vu… Néanmoins, peut-être parce que je n’ai pas beaucoup de références en ce qui concerne la bit-lit (hormis Twilight et La Communauté du Sud), je n’ai pas fait de parallèles ou de comparaisons. « Le pacte d’Emma » réussi finalement à se démarquer par le fait que les actions des personnages sont au final assez crédibles et réalistes et hormis le fait que Andrew et Matthew soient des vampires (et que leurs actions qui en découlent ne sont pas du tout nombreuses et omniprésentes), toute l’histoire concernant Emma et les deux garçons reste assez classique dans la romance triangulaire. 

J’ai beaucoup aimé tous les personnages avec en premier lieu, notre héroïne, Emma. Malgré son jeune âge, elle n’est pas frivole. Elle sait ce qu’elle veut, elle est intelligente, professionnelle, amicale et a de la repartie. Ses réflexions et ses sentiments contradictoires et évolutifs concernant Andrew sont assez légitimes et compréhensibles. Et pour une fois, le fait de faire un pas en avant pour deux pas en arrière ne se retrouve pas uniquement dans le personnage féminin. Donc face à une personne comme cela, on comprend l’ambiguité des questions et des ressentis d’Emma. Sa maturité se retrouve aussi notamment dans le fait, qu’il faut attendre plus de la moitié du livre pour qu’elle et Andrew conclue enfin… C’est tout de même agréable et logique d’avoir une fille réaliste et actuelle qui a une conscience et une réflexion et qui ne craque pas immédiatement au premier battement de cils (merci donc à Nine de pas nous avoir montrer un personnage de fille facile!).
Les personnages d’Andrew et de Matthew restent énigmatiques tout le long du livre et l’on devine et l’on sait que quelque chose se cache derrière leur histoire familiale. On arrive même à douter pour savoir quel est le méchant et le gentil frère. 
Enfin, les personnages secondaires comme le frère d’Emma ou Nathan (coup de coeur pour ce dernier!) apportent véritablement une bouffée d’air frais pour nous lecteur, nous sortant du triangle amoureux mais aussi pour Emma qui permet de sortir et déconnecter du monde des vampires. 

La plume de Nine Gorman m’a beaucoup, et agréablement, surprise. Le style et les tournures de phrases sont simples (sans être simplettes!^^), ce qui rend la lecture très fluide. 

En bref:

            Le pacte d’Emma a été une lecture addictive qui m’a littéralement et agréablement surprise. Même si l’on retrouve un triangle amoureux sur fond de vampirisme, l’histoire reste originale et arrive à rester ancrée dans la réalité. On peut noter la présence de quelques clichés savamment sélectionnés (qui pourraient peut-être lasser les amateurs du genre bit-lit) mais exploités de manière à créer un véritable page-turner et à attirer le lecteur sans le faire soupirer à chaque page.

Autour du livre:

  • Livre lu en numérique