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lundi 20 novembre 2017

Rouge bonbon (Cathy Cassidy)




Titre original: Scarlett
Traduction: Anne Guitton
Nationalité de l’auteur: Anglaise
Editions Nathan (6 Octobre 2016)
234 pages
ISBN-10: 2092563297
ISBN-13: 978-2092563298
Genre: Jeunesse
Lu le: 11 Novembre 2017
Ma note: 15/20



Résumé/4ème de couverture:

Je m’appelle: Scarlett
Mon âge: 12 ans
Je suis: perdue et en colère
Mon style: piercing, cheveux rouges
J’aime: faire le contraire de ce qu’on attend de moi
Je déteste: mon père, depuis qu’il est parti
Mon problème: ma mère, qui pense que m’envoyer vivre chez lui est « la meilleure solution"

Mon avis:
           
            Parce que j’ai fini la saga « Les filles au chocolat » et qu’il est toujours difficile d’en quitter une qui nous a fait tout le temps plaisir, j’ai voulu continuer dans la même lignée, tout en découvrant différemment la plume de Cathy Cassidy. Je ne vais pas dire que cette dernière m’a déçue puisque cet univers est encore une fois agréable, mais je pensais découvrir tout de même une autre facette de l’auteure avec ce livre. On reste donc dans le même univers, avec parfois des similitudes que l’on retrouve dans « Les filles au chocolat » mais peu à peu, l’histoire prend de la profondeur et se conclu sur le fait que l’on a, une nouvelle fois, passé un bon moment de lecture.

Points de vue/Critiques:

            Au début de ma lecture, je marchais un peu sur des braises ardentes. On retrouvais une nouvelle fois cet univers girly, léger et enrubanné de sucre, choses que l’on retrouve dans « Les filles au chocolat ». J’ai évidemment aimé cette ambiance, mais je pense que j’espérais autre chose. Bref, au fil de la progression de ma lecture, j’ai pris plaisir à me replonger dans cette sphère doudou, surtout que l’histoire prend progressivement du poids et a su agréablement me surprendre plusieurs fois. 

Cathy Cassidy reprend une nouvelle fois les codes de la famille recomposée, vivant au fin fond de la campagne, avec l’intégration d’une jeune fille ayant ses problèmes personnels. Autant dire qu’il n’y a pas là, de réelle innovation d’où mon désappointement du début… Surtout que le comportement de Scarlett pourrait vite agacer et nous provoquer une indigestion de mauvais caractère, mais l’on comprend rapidement les raisons de sa colère. Et de temps en temps, on devine des étincelles de bonté et de bienveillance dans ses paroles ou ses gestes qui nous rassurent et nous donnent de l’espoir. Progressivement, Scarlett va finir par trouver une certaine paix intérieure, et au fur et à mesure de son cheminement, elle (ou plutôt Cathy Cassidy) a su me surprendre. En effet, j’ai aimé que sa relation avec le mystérieux gitan ne prenne pas plus le pas sur l’histoire mais qu’elle soit suffisante pour lui ouvrir les yeux. De plus, le fait de ne pas la faire évoluer rapidement vers des sentiments amoureux ou vers une action héroïque à la fin nous écarte, agréablement, des chemins de la facilité et des clichés. Et à la fin, le fait que Scarlett ne se transforme pas en héroïque sage-femme, mais qu’elle prenne plutôt mes rênes de la situation en tant que vrai adulte est quelque chose que j’ai trouvé très plaisant et rassurant.

En bref:         

            Cathy Cassidy nous offre une nouvelle histoire avec les mêmes ingrédients qui ont fait des « Filles au chocolat » une recette doudou et sucrée: une palette d’émotions et de sentiments, une famille recomposée qui essaie de trouver un nouveau équilibre isolée des grandes villes, et une jeune fille ayant ses propres problèmes et qui essaie d’y trouver sa place. Néanmoins, au delà de ses bases connues, l’histoire prend de plus en plus de poids et m’a même agréablement offerte de belles surprises, étant donné que l’auteure se détourne régulièrement des chemins de la facilité et du cliché. 

Autour du livre:      
  • Livre emprunté à la bibliothèque



dimanche 19 novembre 2017

À l'ombre du convoi, tome 1 & 2



À L’OMBRE DU CONVOI, TOME 1: LE POIDS DU PASSÉ

Scénario: Kid Toussaint
Illustrations: José Maria Beroy
Nationalité des auteurs: Française
Editions Casterman (21 Janvier 2012)
48 pages
ISBN-10: 2203040653
ISBN-13: 978-2203040656
Genre: Bande-dessinée
Lu le: 13 Novembre 2017
Ma note: 16/20





À L’OMBRE DU CONVOI, TOME 2: L’ESPOIR D’UN LENDEMAN

Scénario: Kid Toussaint
Illustrations: José Maria Beroy
Nationalité des auteurs: Française
Editions Casterman (22 Mars 2013)
48 pages
ISBN-10: 2203040947
ISBN-13: 978-2203040946
Genre: Bande-dessinée
Lu le: 15 Novembre 2017
Ma note: 16/20


L’histoire:

            Belgique, nuit du 12 au 13 novembre 1943, quelque part entre Malines et Louvain. 
Un convoi de wagons plombés s’est immobilisé sur la voie ferrée. Il vient de quitter Bruxelles, direction Auschwitz. À son bord, parmi des milliers d’autres, une jeune femme, Olya Van Horn, juive allemande jusqu’alors réfugiée en Belgique. Elle se remémore la longue suite d’événements tragiques qui, depuis sa ville natale d’Hambourg dix ans auparavant, l’a finalement conduite dans ce sinistre convoi…

Mon avis:

            « A l’ombre du convoi » est un dyptique de bande-dessinée qui s’inspire d’un fait réel très précis de la Seconde Guerre Mondiale: l’action héroïque de trois jeunes hommes qui ont libérés 231 personnes d’un convoi en partance pour les camps de concentrations durant la nuit du 19 Avril 1943.
Pour en arriver là, dans le premier tome, nous faisons la connaissance de Olya, jeune femme juive qui s’est réfugiée en Belgique avec son petit frère. Un travail, un petit ami, Olya semble mener une vie la plus normale possible selon les circonstances jusqu’au jour où elle est dénoncée et envoyée en camp de concentration. Alors que dans le premier tome nous prenons connaissance des circonstances et des personnages qui s’entrecroisent et où de multiples questions se posent, le deuxième tome qui se focalise sur Théo, le petit ami d’Oya, permet de cimenter le tout. Non seulement, tous les liens s’établissent mais en plus, il nous offre une belle histoire au milieu du chaos historique et de cette fin tragique à l’image des circonstances de l’époque.

Dans le premier tome, les flash-backs et les souvenirs sont nombreux et nous font voyager à différentes dates avec différents personnages. Mais le fait que tous ces personnages soient liés d’une manière ou d’une autre avec certaines coïncidences qui les relient, nous permet de les replacer dans le temps.
Au milieu de l’histoire, et en particulier dans le deuxième tome, les auteurs ont entrecoupé le scénario de pages historiques, relatant les faits politiques du moment. Ces petites incartades pédagogiques permettent au lecteur de bien savoir ce qu’il s’est passé de manière diplomatique pour arriver à ces atrocités historiques. 

En bref:

            Un dyptique court mais intense qui se focalise sur un évènement réel et héroïque de la Seconde Guerre Mondiale. Le scénario ne s’étend pas sur quantité de choses et de personnages, donnant ainsi une réelle intensité et des émotions fortes du début jusqu’à la toute fin. Un très bel hommage pour ces héros à l’action précise mais tellement grandiose!

Autour du livre:

  • Livre emprunté à la bibliothèque

L'adoption, tome 2: La garùa



Scénario: Zidrou
Illustrations: Arno Monin
Nationalité des auteurs: Belge et Française
Editions Bamboo (31 Mai 2017)
Collection Grand Angle
72 pages
ISBN-10: 2818941709
ISBN-13: 978-2818941706
Genre: Bande-dessinée
Lu le: 10 Novembre 2017
Ma note: 17/20



Résumé/4ème de couverture:

            Qinaya est repartie. Ses parents adoptifs arrêtés pour enlèvement, la petite fille a été renvoyée par les services sociaux dans son Pérou natal. Après un an et demi de recherches, Gabriel, son "grand-père" de France, se rend à Lima pour la retrouver. Mais le vieux bourru va aller de désillusion en désenchantement. Car en 18 mois, la petite a changé, elle a grandi... et elle a oublié son séjour en France. Elle a oublié son "achachi", son grand-père...

Mon avis:

            Le premier tome de « l’adoption » avait été un véritable coup de coeur! Même si ce deuxième avait reçu tout autant de bonnes critiques et que tout le monde s’accordait à dire qu’il était radicalement différent, une petite appréhension était là au moment de ma lecture. Mais encore une fois, je dit bravo aux auteurs puisqu’effectivement l’histoire est complètement différente du premier tome et part sur d’autres chemins, mais elle est tout aussi géniale!!

Points de vue – Critiques:

J’ai tout d’abord été très surprise dés le début de l’histoire par la tournure qu’elle prennait. En effet, la fin du premier tome nous annonçait que la petite Qinaya devait repartir dans son pays d’origine et que ses parents adoptifs avaient enfreints la loi. Mon étonnement est venu du fait que c’est ce premier point qui sera la base de cette seconde histoire alors que le deuxième point lui, est plutôt occulté et n’avance pas en vue de résoudre la situation. 

Dans ce second tome, nous suivons donc le grand-père qui peine à se relever de la perte de sa toute nouvelle petite fille qu’il a eu tant de mal à apprivoiser et à faire entrer dans sa vie. C’est donc le coeur gonflé d’amour et d’espoir qu’il part à sa recherche dans son Pérou natal afin de lui dire au revoir et en faire « son deuil ». Mais malheureusement, même s’il retrouve physiquement Qinaya, les désillusions le submerge et le désespoir s’installe: puisque la petit fille a été illégalement adoptée et ramenée en France, celle-ci n’est plus sa petite-fille puisqu’elle a sa propre et véritable famille… Mais au final , et c’est là toute la beauté et le génie de cette bande-dessinée, c’est que les auteurs sont allés au-delà de ce déchirement affectif (que ce soit pour Gabriel ou pour nous en tant que lecteurs). Ainsi même si Gabriel ne retrouve pas Qinaya comme il l’aurait souhaité il va au final trouver autre chose en la personne d’un confrère Belge. De cette relation, va se dégager de la poésie et de la tendresse qui tranche parfaitement avec les émotions fortes de l’ensemble.

Paradoxalement, la situations des « parents adoptifs » hors la loi ne constitue donc pas, comme je le disais, le centre de l’histoire de ce second tome. Evidement nous avons quelques informations sur ce qu’il est advenu d’eux (en particulier pour le « papa »), mais quelque part j’aurais voulu savoir ce qu’il s’était vraiment passé pour eux dans le détails et ce qu’il va se passer par la suite. Par rapport à ce qu’ils ont fait: un rapt d’enfant (appelons un chat, un chat), il est difficile d’émettre un jugement, parce qu’on ne les retrouve donc que brièvement ici et aussi parce que on se retrouve déchiré entre la raison et le coeur. 

En bref:

            Ce nouvel opus est effectivement très différent scénaristiquement parlant du premier tome, faisant de lui une autre histoire plutôt qu’une véritable suite. Néanmoins, il est tout aussi touchant et émouvant. Bravo aux auteurs pour avoir conserver toute cette gravité, cette émotion, cette beauté, cette bienveillance et cette poésie tout en orientant l’histoire sur d’autres sentiers avec différentes valeurs! 

Autour du livre:

  • Livre emprunté à la bibliothèque
  • Tome 1 : Qinaya (ß chronique à retrouver ici)