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lundi 28 mars 2016

Ça peut pas rater (Gilles Legardinier)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions Pocket
Collection Pocket (3 mars 2016)
448 pages
ISBN-13: 9782266265966
Genre: contemporain, chick-lit
Lu le: 27 mars 2016
Ma note: 16/20






Résumé/4ème de couverture:

– J'en ai ras le bol des mecs. Vous me gonflez?! J'en ai plus qu'assez de vos sales coups?! C'est votre tour de souffrir?! 
Ma voix résonne dans tout le quartier. Et là, trempée, titubante, épuisée, je prends une décision sur laquelle je jure de ne jamais revenir : je ne vais plus rien leur passer. On remet les compteurs à zéro. On renverse la vapeur. Je vais faire payer ce fumier. Chaque joueur doit vous donner mille baffes. Je vais me venger de tout. Puisque aucun bonheur ne descendra d'un ciel illusoire, je suis prête à aller chercher le peu qui me revient jusqu'au fond des enfers.
La gentille Marie est morte, noyée de chagrin. À présent, c'est la méchante Marie qui est aux commandes. À partir de maintenant, je renvoie les ascenseurs et je rends la monnaie de toutes les pièces. Les chiens de ma chienne sont nés et il y en aura pour tout le monde. La vengeance est un plat qui se mange froid et je suis surgelée. La rage m'étouffe, la haine me consume.

L’histoire:

Marie Lavigne, qui se croyait aimée, vient de comprendre qu’elle a perdu 10 ans de sa vie avec l'homme qui partageait sa vie et dont elle se croyait très amoureuse. Non seulement elle est trompée par ce goujat, mais aussi mise à la porte et humiliée. Car même si lui voudrait « gérer ça dans la maturité », notre héroïne ne le voit pas du même œil. Marie va alors chercher à se venger de son ex, narcissique et imbu de lui-même! Alors qu'elle est bien déterminée à faire une croix sur sa vie amoureuse, voilà que la vie va lui rappeler que, s'il y a bien dans un domaine où ne choisit pas ce qu'on doit faire, c'est bien l'amour.

Mon avis...:

… Général:

Après avoir explorer les liaisons amoureuses dans « Demain j’arrête », le changement de vie dans « Complètement cramé », la maladie dans « Et soudain tout change », Gilles Legardinier nous entraîne ici sur les pentes de la rupture, qui peuvent s’avérer dangereuses en terme de dépression et de niaiserie. Mais ce postulat de départ prend vite du plomb dans l’aile et se transforme en un récit romantique avec des personnages qui combattent comme trame de fond.

En effet, Marie va devoir réapprendre à non seulement se refaire confiance, mais aussi faire confiance aux hommes. Ils ne sont pas tous narcissiques, désintéressés et goujats comme pouvait l’être son ex (un abruti fini, disons les choses telles quelles sont^^), certains peuvent avoir de nombreuses qualités et peuvent l’aimer elle pour ce qu’elle ait, avec ses qualités et ses défauts. Au milieu de sa quête psycho-amoureuse, elle va devoir aussi prendre les rênes de la rébellion qui se met en place dans son entreprise. 
Aidée de ses collègues dans ces deux tâches, la nouvelle Marie se dévoile. Elle va partir d’un côté à la quête de ce mystérieux jeune homme qui lui envoie des lettres d’amour singulière et de l’autre côté, elle va devenir la porte-parole de ses collègues face aux patrons et actionnaires de la société qui veulent s’en prendre aux employés les uns après les autres. Les chasses sont ouvertes!!

Car les personnages sont tous singuliers et attachants (sauf Hugues, l’ex de Marie!!!!) avec l’impression qu’on participe à la création d’une grande famille. Ce sont des personnages qui, le temps d’une conversation, abordent ensemble des points de vue, des réflexions très réfléchis sur la vie, c’est des amis qui se soutiennent quoi qu’il arrive, c’est des personnes qui se rassemblent pour une même cause ("le vol du dossier bleu" est absolument exceptionnel !), c’est des vieilles personnes qui font part de leurs expériences aux plus jeunes, c’est de la solidarité, de la joie de vivre, de la gentillesse, de l’humanité, de l’espoir, …

On retrouve toujours des situations délirantes, drôles, jouissives où l’on sourit, rigole, pouffe de rire!! Sans oublier le petit bonus de ce livre, que j’attendais à chaque fois avec impatience, ce sont les expressions « nom d’un… » de Marie (par exemple: "nom d’un rat soi-disant crevé qui se met à gesticuler alors que je le tiens entre deux branches pour le balancer à la poubelle! »). Tout simplement extra!!! Je globique cet auteur, dont on retrouve la générosité et la gentillesse également dans ses remerciements en fin de livre.

… Sur les personnages:

Marie: au début du livre, je l’ai trouvée très naïve, crédule et bonne pâte (surtout au niveau de sa relation avec son ex Hugues) et très farfelue et psycho-dramatique (son imagination des catastrophes à venir est poussée très loin!). Je me disais donc que c’était pas très bien parti avec cette fille, que j’aurais du mal à apprécier et à entrer dans son univers. Puis, lorsqu’elle commence à prendre sa vie en main comme elle, elle l’entend, notamment le fait d’emménager seule, la fait changer. Elle évolue et devient plus posée, mature et revêche (ouf!!!^^). Dés lors, je me dit oui, ça c’est une fille super intéressante!!!

Les personnages secondaires sont tout aussi présents et profonds que les principaux. Il y a toute une palette de caractères, de personnalités différentes, qui sont tous importants à un moment et à autre. Je pense notamment aux collègues Sandro, Alexandre et Kévin, à la meilleure amie Emilie, au concierge M.Alfredo... C’est ce qui fait une des forces des livres de Gilles Legardinier, où n’importe qui peut y retrouver quelqu’un qu’il connaît. Cette caractéristique se retrouve dans le fait que  tous les personnages ne sont pas décrits physiquement (couleur des yeux, cheveux, descriptions des vêtements, etc…): on peut ainsi les façonner à notre image, comme on a envie qu’ils soient. 

Point de vue - Critiques:

A la lecture du résumé, je m’attendais à une avalanche de vengeances plus tordues et drôles les unes que les autres. Et même si quelque unes sont bien présentes dans le livre, ce besoin de vengeance qui peut habiter Marie envers son ex, n’est pas le sujet principal. Je trouve dommage qu’elles ne soient pas plus poussées mais surtout qu’on en connaisse pas les conséquences afin de se dire (et se réjouir) qu’il y a une justice (d’autant plus que les vengeances se retournent le plus souvent vers son auteure…).

Concernant l’auteur des lettres mystérieuses envoyées à Marie, je n’arrivais pas à « deviner » qui cela pouvait bien être. J’ai aimé le fait, que tous les potentiels auteurs présents sur la longue liste de suspects de Marie, soient rayés au fur et à mesure de ses découvertes, le plus souvent involontaires et drôles!! Du coup, à la fin du livre je m’attendais à être surprise. Je me voyais déjà réagir en disant « whaouu c’est lui!!! j’ai pas remarqué les signes!! ». Et en fait non, la « révélation » se fait tout en douceur, sans surprise...

En bref:

Ce livre est plein d’optimisme, d’humour et de fraîcheur qui se lit avec un plaisir évident puisque n’importe qui peut s’y retrouver, ou y retrouver un collègue, une ami, une connaissance… Gilles Legardinier arrive encore une fois à nous faire passer de petits messagers, tous plus optimistes les uns que les autres, ou à nous faire réfléchir sur les notions essentielles de la vie, sans que l’on s'en rende vraiment compte, le tout sur fond d’histoire romantique légère. On se demande toujours comment il arrive avec brio à capturer et restituer toutes les réflexions de la gent féminine.

Autour du livre:

  • L’auteur: Gilles Legardinier s’est toujours attaché à faire naître des émotions qui se partagent. Après avoir travaillé sur les plateaux de cinéma américains et anglais, notamment comme pyrotechnicien, il a réalisé des films publicitaires, des bandes-annonces et des documentaires sur plusieurs blockbusters.
Il se consacre aujourd’hui à la communication pour le cinéma pour de grands studios et aux scénarios, ainsi qu’à l’écriture de ses romans. Alternant des genres très variés avec un même talent, il s’est entre autres illustré dans le thriller avec L’Exil des Anges (Prix SNCF du polar 2010) et Nous étions les hommes(2011), et dans la comédie, qui lui a valu un succès phénoménal aussi bien en France qu’à l’international. Quatre de ses romans sont actuellement en cours d’adaptation au cinéma.

  • Livre personnel dédicacé par Gilles Legardinier lors du Salon du Livre de Paris 2016.



samedi 26 mars 2016

Le liseur (Bernhard Schlink)




Titre original: Der Vorleser
Traduction: Bernard Lortholary
Nationalité de l’auteur: Allemande
Editions Gallimard (février 1999)
Collection Folio numéro 3158
243 pages
ISBN-10: 2070404587
ISBN-13: 978-2070404582
Genre: Contemporain, drame
Lu le: 23 Mars 2016
Ma note: 11/20
Film adapté en 2008 par Stephen Dalbry


Résumé/4ème de couverture:

A quinze ans, Michaël fait par hasard la connaissance, en rentrant du lycée, d'une femme de trente-cinq ans dont il devient l'amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours, et l'un de leurs rites consiste à ce qu'il lui fasse la lecture à haute voix. Cette Hanna reste mystérieuse et imprévisible, elle disparaît du jour au lendemain. Sept ans plus tard, Michaël assiste, dans le cadre de des études de droit, au procès de cinq criminelles et reconnaît Hanna parmi elles. Accablée par ses coaccusées, elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l'insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée, et aussi cet étrange premier amour dont il ne se remettra jamais. Il la revoit une fois, bien des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : "Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j'aurais moins bien su camoufler que les autres ?

L’histoire:

Michaël Berg, jeune adolescent de 15 ans nous raconte comment il a fait la connaissance d’Hanna, 35 ans qui va devenir son amante. Pendant 6 mois il va la rejoindre chez elle pour lui faire la lecture, sans savoir qui est vraiment cette femme qui ne cesse de l’appeler «  garçon »... Il sait très peu de choses de son passé, et son comportement parfois étrange laisse l'adolescent perplexe..
Une relation instable avec une femme mystérieuse qui va lui donner du fil à retordre et qui va, au final disparaitre du jour au lendemain…

Mon avis...:

… Général:

Parce que je me souvenais d’avoir vu le film, pour lequel j’avais eu du mal à savoir si je l’avais aimé ou pas (il y a des fois comme çà où on se demande si on a adoré détester ou crains d’avoir aimé…^^), j’ai été curieuse de connaître l’histoire sur livre. Et je crois qu’au final, pour l’un comme l’autre, je n’adhère pas.

Je n’ai pas grandement aimé ce livre, que j’ai trouvé relativement plat, sans conviction, et pour lequel je n’ai pas eu de sentiments particuliers à la lecture, un peu d’ennui parfois même, pas d’attachements pour les personnages, et pas de réflexions particulières sur les leçons que peuvent nous apporter les camps de concentration (alors que je pense, que l’auteur veut nous faire passer ce message à la lecture). Je ne dis pas qu’il n’y a rien a retenir de cette partie de l’Histoire, bien au contraire, mais l’écriture m’a laissé de marbre et ces réflexions ne me sont pas parvenues...



… Sur les personnages:

Hanna: elle passe pour une personne bipolaire, froide, brutale et excessive (dans la première partie): pète un plomb quand le jeune s’absente pour sortir alors qu’il laisse un mot, elle l’ignore quand il vient sur son lieu de travail, tout cela en faisant en sorte d’inverser la situation au final pour que le jeune finisse par conclure qu’il est coupable. On connaît plus sa personnalité et son caractère au moment du procès, et le fait de connaître son secret (qui ne fut pas une surprise pour moi) la rend un peu plus compréhensible.
Elle est aussi excessive dans la toilette: prend nombreuses douches et bains qui deviennent un rituel sans que l’on sache pourquoi.

Michaël: l’adolescent de 15 ans montre peu de caractère, semble totalement soumis à Hanna qu’il considère comme un modèle puisqu’il n’en trouve pas dans sa propre famille. Il se trouve ainsi manipulé et influençable. Puis en devenant adulte, on trouve un homme qui a construit sa vie, sentimentale comme professionnelle, sans pour autant oublier son premier amour.




Point de vue - Critiques:

Le découpage des parties est bien faite, puisqu’on les identifie clairement sans avoir besoin de titres. La première concerne la rencontre et la romance de Michaël et d'Hanna. La deuxième partie concerne le procès où ils se revoient pour la première fois, 7 ans après leur histoire d'amour. Enfin, la troisième partie correspond à la vie de Michaël après le procès, au moment où Hanna est emprisonnée.

Je n’ai pas du tout accroché sur la première partie. Le narrateur y fait part d’abord des sentiments, de son ressenti, du contexte etc, sur une anecdote particulière… puis nous raconte ensuite dans le détail cette anecdote. Il y a beaucoup de longueurs dans cette partie avec du « blabla" qui tient sur plusieurs pages comme sur « l’anesthésie sentimentale »…

J’ai préféré les deux autres parties. Il y a le récit de la vie dans les camps de concentrations avec le rôle qu’Hanna a pu y jouer. Le parallèle avec le procès en cours est intéressant. Puis on découvre « l’après » pour Hanna et Michaël. J’ai surement mieux apprécie ces deux tiers du livre, en raison du sujet des camps de concentration qui m’intéresse beaucoup et aussi du fait des personnages, qui devient plus mature pour l’un (Michaël) et que l’on découvre et comprend mieux pour l’autre (Hanna). J’ai ainsi mieux accroché sur leur relation qui s’installe bien des années après leur romance, que j’ai trouvée attendrissante, surement du au fait que cette partie soit un peu plus romancée.

Du point de vue de l’écriture, je n’ai pas beaucoup aimé. Je l’ai trouvée barbante, froide, le style haché et décousu. Il faut relire certains passages pour comprendre le sens philosophique.

A l’image du titre du livre (pourquoi pas « le lecteur »?), j’ai également remarqué quelques maladresses de grammaire au niveau du français (comme une double négation peut-être due à la traduction?) qui n’ont pas rendu la lecture agréable.



En bref:

Contrairement à beaucoup d’autres, je n’ai pas particulièrement apprécié ce livre qui m’a laissé assez indifférente, malgré un sujet fort et qui m’intéresse beaucoup et quasiment à chaque fois… Je pense que j’ai étais une simple spectatrice éloignée de ce récit, détachée, qui a fait que je n’ai peut-être pas su capturer l’essentiel et les réflexions de ce livre.

Autour du livre:

  • L'auteur: Né en 1944, Bernhard Schlink a étudié le droit et enseigne le droit public et la philosophie du droit à Berlin. Il a débuté sa carrière d'écrivain avec des romans policiers, mais c'est Le Liseur, roman partiellement autobiographique, qui devient l'un de ses romans les plus connus, traduit en 37 langues.
  • ce livre a reçu le prix Laure Bataillon et le prix Hans Fallada en 1997, le prix de littérature du journal Die Welt en 1999.
  • Film adapté en 2008 de Stephen Dalbry avec Ralph Fiennes et David Kross dans le rôle de Michaël et Kate Winslet dans le rôle d’Hanna, pour lequel elle a gagné un Golden Globe, un BAFTA et un Oscar.




jeudi 24 mars 2016

Juste avant le bonheur (Agnès Ledig)





Nationalité de l’auteur: Française
Editions : Pocket (2 octobre 2014)
Collection : Pocket numéro 15948
336 pages
ISBN-10: 2266250620
ISBN-13: 978-2266250627
Genre: contemporain, drame
Lu le: 21 mars 2016
Ma note: 18/20





Résumé/4ème de couverture:

Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fées. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d'une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui tendre la main. Ému par leur situation, un homme généreux les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. Julie reste méfiante, elle n'a pas l'habitude. Mais pour Lulu, pour voir la mer et faire des châteaux de sable, elle pourrait bien saisir cette main qui se tend...

L’histoire:

Les personnages de ce roman ont le point commun de tous avoir été malmené par la vie. Paul, la cinquantaine et fraichement séparé, voit sa vie remise en questions. Par quelle force, quel coup de pouce va-t-il aborder cette jeune caissière, Julie, jeune maman du petit Lulu et aux bords des larmes? Car c’est bien ce qu’il va faire et même proposer à Julie de partir avec lui en vacances, accompagnés de son fils Jérôme, médecin au bord du précipice. Ils se battent tous contre un quotidien difficile, conséquence d’un passé compliquéIls ont tous besoin de guérir de leur blessure et de marquer une trêve dans leur vie. Et c’est ce qui va se passer lors de leur vacance en Bretagne...

Mon avis...:

… Général:

Au premier abord, ce livre semble être le genre d’histoire que je n’aime pas particulièrement: on raconte la vie de quelques personnages sans grands rebondissements… mais l’auteure joue avec une telle justesse et poésie avec les mots (tout en étant pas "cul-cul la praline ») que cela en fait un très beau livre pour une grande histoire! Rire, larme, interrogation, découverte: c’est un florilège d’émotions!!!

Âmes sensibles s’abstenir ou alors sortez vos mouchoirs! Rien n’est effrayant ou ne fait mal, tout est doux, bien écrit, mais la profondeur des sentiments écrits par l'auteure touche en plein coeur. Mais pour autant, ce fait marquant rempli de sensibilité ne doit pas vous freiner en vous disant que vous ne voulais pas être triste via cette histoire. Car n’est pas ce que l’on doit ce que l’on doit retenir. Au contraire, le message de ce livre est la vie, se battre, se relever, savourer chaque instants dans le but de nous faire réfléchir sur les choses essentielles de la vie.

… Sur quelques personnages:

Julie: on peut penser au premier abord que du haut de ses 20 ans et ayant un enfant de 3 ans, il s’agit d’une gamine immature. Mais au contraire on trouve une jeune femme débrouillarde, battante, endurante et mature. J’aime son caractère déterminé  et philosophique, sa conception de la vie, son raisonnement et surtout son sens de l’humour et de la repartie.

Le problème de Julie à la fin concernant ses fuites urinaires semble superflu par rapport à ce qu’elle est en train de vivre. Mais sa consultation chez sa « sage-femme médiévale » nous montre clairement l’implication personnelle d’Agnès Ledig dans cette histoire, qui n’est pas totalement une fiction…

Ludovic alias Lulu, petit gars de 3 ans, malin, espiègle et doux. Ses défauts de prononciation et son sens de la répartie sont autant de petites choses qui font de lui un personnage très attachant. Sa logique et son intelligence ressorte jusqu’au bout.

Paul, le quinquagénaire riche, solide et confiant, va jouer le rôle de protecteur envers Julie qu’il traite comme si elle était sa propre fille. Grâce à Julie, il va rebondir et voir qu’au bout du tunnel, une autre vie l’attend.

Jérôme, le fils de Paul, est médecin et profondément enfoncé dans la tristesse (sans le savoir), la solitude et le marasme. Contrairement à son père, c’est à Lulu que Jérôme va se relever et reprendre goût à la vie.

Point de vue - Critiques:

J’ai beaucoup aimé la première partie avec les vacances au bord de la mer en Bretagne. On apprend à connaître et à s’attacher aux personnages, qui eux-mêmes font connaissance suivant différentes méthodes hautes en couleur!

La deuxième partie, après le revirement de situation (pour ne pas vous spoiler) semble parfois un peu longue. J’aurais aimé avoir plus de nouvelles de Paul et de Jérôme à ce moment de l’histoire. Mais dés le début de cette partie, la justesse et la simplicité des mots choisis par l’auteure font qu’on ressent et qu’on porte cet espoir d’un avenir meilleur... C’est ainsi dans cette partie où l’auteure ne nous épargne pas et où les larmes coulent à flots!!! 

Tout au long du livre, j’ai était tellement porté par le fil de l’histoire, que même si celle-ci n’est pas pleine de suspense ou autre, je n’ai rien vu venir, à aucun moment. Je ne peux pas dire non plus que j’ai était totalement surprise. Cela peut paraître contradictoire et assez neutre, mais il est difficile d’expliquer le fait que la très belle écriture du livre fait battre notre coeur à côté des protagonistes.

J’aime le rapport à l’argent: certes il ne fait pas le bonheur. Mais comme le signale très justement Julie, il y contribue et favorise le mieux-être, notamment quand on doit refaire surface à la vie, comme elle.

En ce qui concerne l’écriture, j’ai beaucoup aimé le fait que les dialogues soient directs: pas de dit-il, lui répondit-elle, etc… ce qui rend l’histoire vivante et authentique.

Les chapitres ont de drôles de titres : quelques poussins en voyage, du bout des doigts, les oignons, Réviser sa géographie… Ils semblent absurdes mais sont vrais!

En bref:

Il s’agit d’un livre fort et poignant dont la pureté atteint l’âme et dont l’intensité touche le coeur. L’écriture fine et poétique de l’auteure fait que l’on s’agrippe à ce film écrit avec une telle justesse! On parcourt cette histoire, sincère et authentique, avec un message magnifique, à travers des montagnes russes au niveau des émotions. Je conseille vivement à ceux qui aime être touché et qui n’ont pas peur d’être ému!! Quoiqu’il en soit, on ne peut pas refermer ce livre sans qu’il laisse une empreinte sur soi.

Autour du livre:

  • L’auteur: Née en 1972, Agnès Ledig est aujourd’hui sage-femme. Elle a commencé à écrire après le décès de l’un de ses trois enfants, atteint d’une leucémie, pour renouer avec les bonheurs simples de la vie. Son premier roman, Marie d’en haut, qui a paru aux éditions Les Nouveaux Auteurs en 2011 
  • Ce livre a reçu le prix Maison de la Presse en 2013
  • Fait parti du Big Challenge Livraddict 2016